Editorial

Une régulation connectée

 

Dialogue avec les acteurs du secteur, écoute du public, recherche prospective et transparence : l’année 2011 a vu se consolider les quatre grands axes sur lesquels se déploie l’action du régulateur de l’audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, définis par le Bureau du CSA et travaillés par l’ensemble de ses équipes.

 

Dans un environnement concurrentiel difficile, parfois tendu, l’existence d’un lieu de rencontres et de débats est essentiel à la compréhension, l’appropriation et la mise en œuvre d’un cadre réglementaire destiné à garantir l’équité de tous les acteurs du secteur, le développement d’activités économiques et culturelles et la promotion de la création et l’expression libres. La culture de corégulation est encore plus récente et émergente que la culture de la régulation elle-même (celle-ci fêtera ses quinze ans seulement cette année), néanmoins, le CSA prend à cœur de multiplier les initiatives et les processus de consultation, de médiation et d’émulation pour clarifier des règles, sceller des engagements collectifs ou engranger des progrès au bénéfice de l’ensemble du paysage. La participation de nombreux acteurs, le volontarisme de certains et les contributions constructives de plusieurs, ont permis d’animer, de faire avancer et de faire aboutir concrètement de nombreuses discussions sur des sujets aussi variés que l’accessibilité des programmes aux personnes à déficience sensorielle, la définition de règles communes sur la couverture médiatique des campagnes électorales, la promotion des œuvres européennes sur les services de vidéos à la demande ou le périmètre de la régulation des nouveaux services de médias audiovisuels. C’est une dynamique que l’ensemble du CSA considère comme essentielle au développement du secteur, soumis à de nombreuses incertitudes, et qui devra continuer à bénéficier, dans les prochaines années, d’une attitude ouverte et constructive de la part du secteur pour donner tous ses fruits sur le long terme.

 

La régulation ne peut se concevoir, ni se construire, sans se nourrir des perspectives, des préoccupations et des interpellations du public – un public pour lequel elle a été précisément mise en œuvre. S’il n’existe pas "un" public (ni pour les médias, ni pour le régulateur), il existe néanmoins une multitude de points de vue sur les médias et d’attentes envers ceux qui les font les font vivre et ceux qui les contrôlent. Dans des écoles comme au Parlement, ainsi qu’au sein de plusieurs associations, le CSA a multiplié, cette année encore, les rencontres, les échanges et les débats afin d’expliquer son action, répondre aux interrogations et entendre les opinions les plus multiples. Nous sommes présents sur twitter (@csabelge), que nous utilisons à la fois comme canal complémentaire de communication, et pour favoriser l’interaction ; nous suivons de manière systématique les sujets et contenus des interpellations parlementaires, baromètre additionnel des préoccupations citoyennes. Nous avons aussi formalisé et intensifié nos relations avec une série d’institutions publiques qui œuvrent à la défense des consommateurs, à l’égalité et la diversité et à la promotion de l’intérêt général. Et enfin, conscients de l’importance de cet enjeu, nous avons créé, au sein de l’équipe, un poste spécifiquement dédié à la "médiation et relations avec les publics".

 

Le CSA veut aussi inscrire son travail et sa contribution dans une vision prospective du paysage médiatique. Nos relations avec le monde académique s’intensifient, nous continuons à mettre nos ressources au service de la recherche, nous accueillons un nombre toujours plus important de stagiaires et de chercheurs qui viennent contribuer au dynamisme intellectuel de l’équipe. Nous sommes partenaires de la réflexion sur la promotion de la radio numérique, nous sensibilisons aux opportunités et aux défis de la télévision connectée, nous contribuons à sensibiliser à l’importance de développer la production de contenus locaux. Le CSA a créé en son sein une unité "Nouveaux Médias", en complément des unités "Radio" et "Télévision" existantes, afin de consolider et rendre plus efficace son action d’accompagnement, de contrôle et de promotion de ces nouvelles plateformes de diffusion.

 

Transparence, enfin. Valeur intrinsèque de tout service public, elle s’applique de manière particulièrement significative au régulateur indépendant d’une activité aux enjeux économiques, culturels et sociaux si fondamentaux. Les procédures de consultations, la communication ouverte avec le public et la mise à disposition de nos ressources s’inscrivent bien entendu dans cette perspective. Nous rendons public et le plus accessible possible, sur le fond et sur la forme, l’ensemble de nos travaux, de nos informations, de nos procédures et de nos activités : auditions publiques, bilans sectoriels et transversaux, synthèses de monitoring, décisions en libre accès, site internet sur le pluralisme, magazine trimestriel, newsletter électronique,… 2011 fut aussi la première année où nous avons instauré un processus interne d’élaboration participative du programme de travail de l’institution. Le résultat, notre programme 2012, est rendu public sur notre site internet, pour la première fois et dans un souci constant d’améliorer la transparence de nos travaux et leur utilité pour tous.

 

Le rapport annuel que vous pouvez lire ici en ligne rend donc compte de manière exhaustive de l’activité intense de toute une équipe pendant les douze mois de 2011. Nous vous en souhaitons bonne lecture.

 

 

Marc Janssen, président
Pierre Houtmans,
Jean-Claude Guyot,
Pierre-François Docquir, vice-présidents 

 



Dernière mise à jour le 15 mars 2012

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